Après Paris, COP 23

      Commentaires fermés sur Après Paris, COP 23
PartagerShare on FacebookTweet about this on TwitterShare on LinkedInShare on Google+Email this to someone

Le pire ennemi des accords de Paris, c’est l’insouciance d’une grande partie de la population et le manque de volonté de nos dirigeants de réellement changer les choses; cette indifférence est la raison pour laquelle la COP 23 passe sous le radar médiatique.

Après Paris, COP 23

Il y a deux ans, il y a une éternité, nous étions heureux que les chefs d’État du monde aient reconnu, lors de la conclusion de l’Accord de Paris (COP 21), que l’humanité doit diminuer ses émissions de carbone. C’était la reconnaissance officielle de la nécessité de réduire le réchauffement climatique sous la barre de 2 degrés Celsius si l’on veut que les générations à venir puissent vivre sur une planète qui ne sera pas hostile à toute forme de vie. L’année après cette bonne nouvelle, la conférence des parties COP 22 s’est tenue à Marrakesh au moment de l’élection de Trump; toute une claque! Et maintenant, combien de personnes savent que COP 23[1] a présentement lieu à Bonn sous la présidence du premier ministre des Îles Fidji, M. Frank Bainimarama?

COP 23! Pourquoi se faire du mauvais sang? La triste vérité, c’est que les émissions de CO2 ne diminuent pas mais augmentent.[2] Depuis 45 ans, les scientifiques tentent d’attacher le grelot au cou du monstre qui nous menace[3]. En 1972, le Club de Rome nous mettait en garde contre l’idée d’une croissance infinie dans un monde limité. Vingt ans plus tard, lors de la Conférence de Rio, 1 700 scientifiques tirent la sonnette d’alarme. À intervalles réguliers, les différents rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) mettent en garde contre les effets secondaires désastreux d’une utilisation abusive des carburants fossiles. Et voilà que 15 364 scientifiques[4] affirment maintenant que notre avenir est en péril.[5]

Pourtant nos dirigeants, tant à Québec qu’à Ottawa, ont de belles paroles au sujet de la transition énergétique et donnent un appui théorique à l’Accord de Paris. À Québec, M. Couillard parle de respecter l’environnement, mais contredit ses paroles en adoptant la loi sur les hydrocarbures favorable à l’industrie extractive. M. Trudeau est un autre « grand parleur, petit faiseur ».[6] Par exemple, son gouvernement fait un petit geste symbolique comme mettre une enveloppe budgétaire de 1,6 million de dollars à la disposition de la station de recherche PEARL dans l’Arctique.[7] De la p’tite bière si on compare ça aux subventions de 1,6 milliard de dollars que le gouvernement fédéral octroie aux énergies fossiles. DonCOP 2,c, malgré toutes les belles paroles, le gouvernement de M. Trudeau donne mille fois plus d’aide aux pollueurs que pour la recherche qui étudie les effets de la combustion des hydrocarbures sur le climat.[8] OH! Mille fois, serait-ce une petite exagération? Pourtant, le gouvernement de M. Trudeau a également donné le feu vert au complexe gazier Pacific Northwest LNG en Colombie Britannique, à l’oléoduc TransMountain de Kinder Morgan et au remplacement de la ligne 3 d’Enbridge. Et il applaudit M. Trump lorsque celui-ci propose de remettre Keystone XL sur la « mappe ».

Malgré une guérilla des gens de bonne volonté contre les intérêts égoïstes des géants des énergies fossiles, est-ce que cela sera suffisant pour éviter ce que des scientifiques appellent la 6e grande extinction des espèces.[9] Les croyants pourraient dire l’apocalypse, ce qui revient à la même chose.

Malheureusement, pour la majorité des gens et des dirigeants climatonégationnistes, COP 23 est un emmerdement. Ceux-ci sont comme un groupe d’ados insouciants qui font un beau voyage sur une route éloignée dans une bagnole. La vie est belle, même si le voyant de la pression d’huile clignote et que celui de la température du moteur dépasse la normale. Pourquoi penser aux feux de forêt dans l’ouest du continent ou à une série d’ouragans dans les Caraïbes? Tout ça, c’est loin! Pourquoi s’en faire? On change le poste de la radio parce que les mauvaises nouvelles, c’est déprimant. Mieux vaut écouter de la musique que les premiers ratés du moteur.

Gérard Montpetit
Membre du comité des citoyens et citoyennes pour la protection de l’environnement maskoutain le 18 novembre 2017