Ça brasse

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Ça brasse!

Dans un article de la SRC, on nous apprend qu’en Colombie-Britannique, un séisme d’une magnitude de 4,4 à l’échelle de Richter aurait été provoqué par des activités de fracturation hydraulique.[1] Ce n’est pas la première fois que des séismes seraient liés à cette technique. L’Alberta surveille également ce phénomène.[2] Et un État américain comme l’Oklahoma a été « brassé » par toute une série de petits séismes; la municipalité de Jones a subit 2 547 microséismes dus à l’injection de l’eau de rebut.[3] Mais l’industrie affirme qu’il n’y aura pas d’injection d’eau de rebut puisque cette pratique n’est pas autorisée au Québec. Mais peut-elle garantir qu’il n’y aura pas de séismes dus à la fracturation hydraulique?

Est-ce que ces évènements qui ont lieu à l’autre bout du continent nous concernent? Oui, car malgré des affirmations contraires, il n’y a jamais eu de moratoire sur l’extraction du gaz de schiste dans les basses-terres du Saint-Laurent. Pire, les quelque 75 lobbyistes de l’industrie essaient, encore et encore, de convaincre nos gouvernants de produire «…du gaz de proximité…». Dans un communiqué publié au début du mois d’août[4], l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ) encourage le gouvernement à aller de l’avant pour produire une énergie qui, selon elle, nous serait utile! Utile pour nous? Ou aux gazières et à leurs marges de profits?

Dans la presse, j’ai lu des dizaines d’articles faisant état du lien entre la fracturation hydraulique et les tremblements de terre d’une magnitude inférieure à 5. Une recherche sur Internet permet de faire ressortir une littérature abondante à ce sujet. Certes, un séisme entre 2 et 5, ça ne tue pas; mais ça réveille! Et puis, si la fracturation hydraulique est régulièrement impliquée dans des séismes mineurs, est-ce qu’elle pourrait être l’élément déclencheur d’un événement géologique majeur?

Un petit commentaire formulé durant le BAPE no 273 est très révélateur. Mon collègue Guy Rochefort a posé la question suivante : « Est-ce qu’il y a des restrictions pour forer et fracturer sous la centrale nucléaire de Gentilly? ». La réponse a été « AUCUNE RESTRICTION ».[5] Nous avons tenté de savoir s’il y avait eu un forage horizontal sous la centrale. Impossible d’avoir une réponse, car c’est un secret d’État. Ou devrais-je dire un renseignement qui ne sera pas rendu public parce qu’une tierce partie s’oppose à sa divulgation, selon la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels? Or, on n’a pas besoin d’un doctorat en géologie pour comprendre que ce n’est pas l’idée du siècle que de transformer en garnotte la roche présente sous une centrale nucléaire. Et ce n’est pas rassurant de se dire qu’en fracturant la roche, on pourrait provoquer un séisme dont l’épicentre se situerait juste au-dessous d’une centrale, d’autant que le schiste de l’Utica se trouve à seulement 750 mètres sous la surface.

Fortes de l’appui de nos gouvernements, les gazières salivent à l’idée de fracturer la roche sous notre territoire. Elles brassent le gouvernement pour obtenir le privilège de soutirer la ressource fossile sous nos pieds. Et si nous, on se fait brasser par un tremblement de terre, eh bien tant pis!

Gérard Montpetit

Membre du CCCPEM

Le 28 août 2015

1] http://ici.radio-canada.ca/regions/colombie-britannique/2015/08/26/002-seisme-tremblement-terre-gnl-usine-fracturation-hydraulique.shtml

2] http://ici.radio-canada.ca/regions/alberta/2015/02/19/007-agence-reglementation-energie-fracturation-signalement-seismes.shtml

3] http://thetyee.ca/News/2015/07/21/Fracking-Industry-Changed-Earthquake-Patterns/

4] http://www.newswire.ca/fr/news-releases/lassociation-petroliere-et-gaziere-du-quebec-salue-lavancee-de-projets-gaziers-made-in-quebec-520929501.html

5] http://www.bape.gouv.qc.ca/sections/rapports/publications/bape273.pdf