CRIME CLIMATIQUE OU TRANSITION ÉNERGÉTIQUE ?

      Commentaires fermés sur CRIME CLIMATIQUE OU TRANSITION ÉNERGÉTIQUE ?

CRIME CLIMATIQUE OU TRANSITION ÉNERGÉTIQUE ?

Le 15 juin se tenait la dernière phase de consultation publique du gouvernement québécois sur la future Politique énergétique. Le thème : les hydrocarbures. L’essentiel des présentations et échanges entre experts ont porté sur « comment » développer la filière pétrole/gaz, notamment en affichant une transparence la plus grande possible – dans le but d’obtenir l’adhésion de la population – et en établissant une réglementation claire et sévère au besoin. Toutefois, sur les 11 experts.es présents.es, un seul a suggéré de se questionner, avant tout, sur la pertinence de développer cette industrie au Québec.

Crime climatique, crime contre l’humanité et contre la vie sur terre

Le gouvernement Couillard semble mettre la table pour l’exploitation du pétrole et du gaz de schiste au Québec. De plus, en acceptant de transformer la province en autoroute du pétrole sale des sables bitumineux, il favorise l’expansion de cette industrie, un ajout de 30 millions de tonnes de gaz à effet de serre (GES) par année, l’équivalent de 7 millions de véhicules! Dans l’état actuel des connaissances scientifiques sur le climat, cela relève d’un aveuglement et d’une inconscience indiscible (ou…corruption?). Un véritable crime climatique, crime contre l’humanité et contre les autres espèces vivantes !

4 à 5 degrés supplémentaires : pire qu’un film catastrophe hollywoodien

Les scientifiques insistent: continuer dans la lancée actuelle de l’exploitation du charbon, pétrole et gaz provoquerait une augmentation de la température moyenne de 4 à 5 degrés sur la planète d’ici 2100. Au rendez-vous : augmentation de la fréquence et de l’intensité des canicules, sécheresses, inondations et tempêtes; hausse et acidification des océans; élimination des régions insulaires et des villes côtières; fin de la pêche commerciale; famines, guerres pour l’accès aux ressources alimentaires et à l’eau potable, millions de réfugiés climatiques. Et à terme : extinction de l’humanité et de la plupart des autres espèces vivantes. Tout ça, pendant une infime fraction de temps depuis les débuts de la vie sur notre planète terre !

Accélération alarmante du dérèglement climatique

Jamais une espèce vivante n’a menacé sa propre survie et celle de millions d’autres espèces comme le fait présentement l’humain! Jamais dans son histoire, notre petite boule-habitat n’a-t-elle connu un réchauffement et un dérèglement climatique aussi rapide!

Nous savons maintenant que les activités humaines sont à l’origine du dérèglement climatique en cours, essentiellement par l’utilisation des énergies fossiles. Mais peu de gens savent qu’il y a « urgence climatique ». Des phénomènes naturels accélèrent de façon exponentielle le dérèglement. La fonte du pergélisol en Arctique libère des quantités phénoménales de méthane, un gaz 100 fois pire que le carbone pour réchauffer le climat. La fonte de la banquise en Arctique favorise l’absorption de la chaleur des rayons du soleil par l’eau plutôt que sa réflexion vers l’atmosphère par la glace. Le réchauffement des océans diminue la capacité du zooplancton à capter le carbone, cette faune marine microscopique étant plus utile dans cette fonction que toutes les forêts des continents !

Vaste chantier pour l’indispensable transition énergétique au Québec

La communauté scientifique internationale, le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale, des industriels puissants, même le Vatican, lancent l’alerte pour prendre d’urgence le virage vers une diminution importante des émissions de GES. Récemment, le G7 s’est positionné pour des cibles de 40 à 70% de réduction des émissions de GES d’ici 2050, par rapport à 2010. Une économie mondiale entièrement décarbonisée en 2100 devient envisageable.

Le Québec est l’une des régions du monde les plus aptes à se défaire de sa dépendance aux énergies fossiles. Nos besoins en énergie sont déjà comblés à presque 50% par des sources renouvelables, grâce à notre hydro-électricité. Accélérons l’électrification des transports. À quand une loi « zéro émission » obligeant les concessionnaires à offrir 15% de véhicules électriques ou hybrides? La demande est là mais l’offre est au compte-goutte. La Californie a une telle loi et ça marche! À quand une offre de transport collectif améliorée?

Mettons sur pied un vaste chantier pour réaliser la transition énergétique au Québec. Développons notre expertise verte et exportons-la. Nous POUVONS faire cette 2e révolution tranquille. Quel projet de société dont M. Jacques Parizeau aurait été fier!

Monique Hains
Longueuil


16 juin 2015