COMMUNIQUÉ DU FRONT COMMUN POUR LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE – Projets de règlements sur les hydrocarbures : les Québécois n’en veulent pas

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Québec, le 5 décembre 2017 – Alors que la période des commentaires sur les projets de règlements de mise en oeuvre de la Loi sur les hydrocarbures s’achève, le Front commun pour la transition énergétique annonce le dépôt d’une pétition de 30 000 personnes réclamant le retrait complet et l’abandon définitif de ces projets de règlements, ainsi qu’un plan de sortie rapide et complet de la filière pétrolière et gazière au Québec.

« Nous soulignons aujourd’hui, en déposant cette pétition, le triste anniversaire de l’adoption sous le bâillon de la Loi sur les hydrocarbures, il y a un an, en dépit de l’opposition quasi unanime de la société civile », déclare Christian Simard, directeur général de Nature Québec. Selon M. Simard, si le ministre veut protéger la paix sociale, il doit retirer immédiatement les projets de règlements et interdire les forages et la fracturation hydraulique au Québec. «Ce ne sont pas quelques resserrements de la règlementation, quelques pseudo pouvoirs octroyés aux municipalités ou des professions de foi envers l’acceptabilité sociale qui viendront changer l’opinion des Québécois », ajoute-t-il.

Une filière incompatible avec la lutte au réchauffement climatique

« Le développement de nouvelles infrastructures pétrolières et gazières et l’exploitation de nouveaux gisements d’hydrocarbures sont incompatibles avec les objectifs climatiques du Québec et l’Accord de Paris », insiste Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie à Greenpeace. « Le gouvernement Couillard doit choisir son camp, soit il travaille pour la transition vers les énergies propres et lutte contre les changements climatiques de manière résolue, soit il travaille pour le développement de l’industrie des hydrocarbures ».

Un projet de société auquel la population québécoise n’a jamais consenti

Le Front commun rappelle que le gouvernement du Québec a vendu à des intérêts privés des droits réels immobiliers sur 53 000 kilomètres carrés du territoire privé et public du Québec sans que la population ait donné son accord ou ait même été réellement informée, et que l’entrée en vigueur de la Loi sur les hydrocarbures consacrera le statut de bar ouvert de ces vastes territoires pour les pétrolières et les gazières.  

« Il n’y a pas d’acceptabilité sociale sans consentement, affirme Carole Dupuis, coordonnatrice générale du Regroupement vigilance hydrocarbures Québec. Or, la population n’a jamais consenti à transformer le Québec en terre d’accueil des forages pétroliers et gaziers; elle s’y est même toujours opposée avec virulence ». Le sort des forêts publiques et privées ainsi que des terre agricoles est particulièrement inquiétant, dans cette perspective.  « Les agriculteurs ne sont plus maîtres chez eux et les Québécois perdent le contrôle de leurs forêts publiques, un bien commun que la population n’a jamais autorisé le gouvernement à dilapider en son nom », ajoute Carole Dupuis.

Des risques qui n’en valent pas la peine

Pour les groupes, le développement du secteur des hydrocarbures expose les écosystèmes et la population du Québec à des risques injustifiables pour soutenir une industrie qui amorcera son déclin inévitable au cours de la prochaine décennie. « Alors que la Caisse de dépôt et d’autres grands fonds d’investissements ont commencé à se retirer des énergies fossiles, Québec va à contresens des marchés en continuant d’investir des fonds publics et à encourager le développement de cette industrie sur son territoire », déplore Karel Mayrand, directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki. « Les bénéfices de la politique pétrolière et gazière du gouvernement du Québec se concentreront dans les poches des actionnaires d’une poignée de compagnies, alors que les risques pour la santé et les écosystèmes, potentiellement irréversibles, seront subis par l’ensemble des Québécois », conclut-il.

Un double discours qui crée inquiétude et confusion

Pour les groupes citoyens, environnementaux et syndicaux qui font partie du Front commun, le gouvernement entretient un double discours qui sert les intérêts de l’industrie.  « Notamment, le ministre Moreau et le ministre Arcand avant lui ont souvent répété que leur gouvernement ne veut pas « faire la promotion » des hydrocarbures, alors qu’il réserve au moins 200 millions de dollars pour investir dans cette filière à partir du Fonds Capital Mines      Énergie », déplore Philippe Dumont de Boréalisation.

La fracturation est pourtant presque toujours nécessaire pour extraire du pétrole ou du gaz au Québec, comme l’illustre une fois de plus la récente étude de Sproule sur le projet Bourque en Gaspésie, confirmant que ce procédé serait utilisé. « L’Agence de protection environnementale américaine a prouvé en 2016 que la fracturation hydraulique présente un risque élevé de contamination des sources d’eau potable. Si le Québec devient un état pétrolier et gazier, nous aurons bien vite les mêmes problèmes de contamination de nos lacs, nos rivières et nos nappes phréatiques que les états qui ont choisi cette voie. Quel beau projet de société que de pouvoir un jour faire flamber notre eau du robinet, comme en Pennsylvanie! », s’indigne Alice-Anne Simard, directrice générale de la coalition Eau Secours.

Leadership attendu

Les membres du Front commun pour la transition énergétique estiment que l’entrée en vigueur de la Loi sur les hydrocarbures et de ses règlements ferait reculer le Québec en matière de lutte aux changements climatiques et de modernisation de l’économie, alors qu’ils s’attendent au contraire à un leadership gouvernemental à cet égard.  « Nos membres veulent un gouvernement qui est en avant de la parade et non un gouvernement qui reste dans les estrades et collabore même avec les compagnies pétrolières et gazières pour la retarder », conclut Anne-Céline Guyon, coordonnatrice du Front commun pour la transition énergétique.

La pétition sera officiellement déposée à l’Assemblée nationale, à 14 h par Sylvain Gaudreault, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’environnement et de lutte contre les changements climatiques.

Rappelons que le 16 novembre dernier, une coalition élargie composée de  la FTQ, la CSN, Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la FIQ, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), la FAE, l’AREQ l’Union des producteurs agricoles – UPA, Fondation David Suzuki, Greenpeace Québec, Équiterre, Nature Québec, Eau Secours, Boréalisation et Regroupement vigilance hydrocarbures Québec avait demandé le retrait pur et simple des projets de règlements de la loi sur les hydrocarbures.