Historique

Le Regroupement vigilance hydrocarbures Québec,
un mouvement de mobilisation citoyenne sans précédent
dans l’histoire du Québec.

Créé en décembre 2010, le RVHQ fédère une centaine de comités de citoyens ou de comités de vigilance représentant autant de municipalités ou de groupes de municipalités. Ces comités réclament un moratoire sur le gaz de schiste au Québec et s’opposent à la fracturation hydraulique dans leurs communautés.

Tout le sous-sol de la vallée du Saint-Laurent, constitué en grande partie de schiste (shale d’Utica), a en effet été concédé à diverses compagnies pétrolières et gazières qui voudraient extraire le gaz naturel enfermé dans ce shale grâce à une technique appelée fracturation hydraulique. Malheureusement, cette technique a sur l’environnement, et notamment sur les ressources en eau, des effets dévastateurs que l’on n’arrive pas à contrôler et qui sont irréversibles.

Soucieux de préserver leur environnement et de protéger leurs approvisionnements en eau, des citoyens de plusieurs régions ont donc formé des comités pour s’opposer à ces projets destructeurs. En décembre 2010, afin d’accroître leur impact et l’efficacité de leur action, ces comités se sont fédérés au sein d’un regroupement, le RVHQ, qui a organisé une vaste campagne d’information intitulée Vous n’entrerez pas chez nous! Au moyen d’événements divers, de manifestations, de conférences et d’une vaste campagne de porte à porte, les bénévoles ont convaincu, en 2012, plus de 37 125 de leurs concitoyens de signer un formulaire de refus d’accès à leur propriété adressé aux sociétés titulaires des concessions pétrolières et gazières visant leurs terres. Ces formulaires ont déjà été transmis à ces sociétés et déposés à l’Assemblée nationale en 2012. La campagne de porte à porte s’est poursuivie en 2013, et le 17 février prochain le RVHQ divulguera, lors d’une conférence de presse, le nombre de nouveaux formulaires qu’il déposera à l’Assemblée nationale ainsi que le nombre total de signatures recueillies à ce jour.

Les bénévoles qui ont mené cette campagne, de même que les personnes qui ont signé les formulaires, ne sont ni des écologistes, ni des activistes, mais des citoyens ordinaires, provenant de tous les horizons, qui se préoccupent de leur environnement dans un souci constant du bien commun. Après s’être informées auprès de sources fiables et impartiales, ces personnes en sont venues à la conclusion que l’exploitation du gaz et du pétrole de schiste par la technique de la fracturation ne respecte pas le principe élémentaire de précaution, et que la précipitation avec laquelle les promoteurs veulent exploiter ces hydrocarbures met l’environnement et l’avenir des générations futures en danger.

C’est aussi le RVHQ qui est à l’origine du règlement dit de Saint-Bonaventure sur la protection des sources d’eau. Ce règlement, qui prescrit des distances séparatrices minimales entre les puits artésiens et les sources de contaminants, a servi de modèle aux règlements adoptés par plus de 70 municipalités, notamment par la Ville de Gaspé, pour mieux protéger leurs ressources en eau contre toute atteinte risquant de les contaminer. Mais le gouvernement du Québec a préparé son propre règlement, qui fixe des distances de beaucoup inférieures et qui aura préséance sur les règlements adoptés par les municipalités. S’il est adopté tel que déposé à l’Assemblée Nationale en mai 2013, ce règlement permettra aux sociétés gazières et pétrolières de forer à 300 mètres des sources d’eau potable, avec les risques énormes que cela comporte.

Mouvement de mobilisation citoyenne sans précédent dans l’histoire du Québec, le RVHQ s’inscrit dans une mouvance mondiale contre l’exploration et l’exploitation pétrolières et gazières par la technique de la fracturation. Il rejoint aussi la philosophie et les actions des Premières Nations du Québec et du Canada, qui s’opposent fermement au pillage et à la dévastation de leurs terres ancestrales.

En 2013, l’évolution rapide de la conjoncture a nécessité des modifications majeures à l’orientation fondamentale du Regroupement.

En effet, depuis 2009, la chute du prix du gaz naturel par suite de la multiplication des forages aux États-Unis a lourdement affecté, sinon annihilé, la rentabilité des opérations d’extraction par fracturation. Au Québec, les sociétés gazières ont donc plus ou moins abandonné la filière gaz pour se tourner vers celle du pétrole de schiste.

Par ailleurs, les grandes sociétés pétrolières de l’Ouest, qui veulent tripler leur production de pétrole issu des sables bitumineux d’ici 2030, cherchent à tout prix à développer leurs marchés étrangers. Activement soutenues par l’actuel gouvernement du Canada et bénéficiant depuis plusieurs années de l’appui tacite des gouvernements du Québec, elles prévoient donc construire des milliers de kilomètres de pipelines et inverser le flux du transport dans certains autres oléoducs pour acheminer leur pétrole vers les côtes du pays, malgré l’absence d’acceptabilité sociale et les risques environnementaux confirmés de leurs projets. D’autre part, le transport par rail des produits pétroliers a augmenté de 28 000 % depuis cinq ans, avec les risques inévitables que cela comporte et, trop souvent, des conséquences dramatiques, comme on l’a vu à Lac-Mégantic.

Prenant acte de cette évolution, lors de son assemblée générale du 22 septembre 2013, le Regroupement a donc décidé, par une vaste majorité, d’élargir son mandat et d’exercer dorénavant une vigilance accrue sur l’ensemble de la filière hydrocarbures, en pleine explosion au Québec. Des membres de certains comités, davantage préoccupés par l’urgence de faire adopter un moratoire interdisant l’exploitation du gaz de schiste sur leurs territoires, ont décidé de créer une organisation parallèle, le Collectif Moratoire Alternatives Vigilance Intervention (CMAVI), Formé uniquement d’individus, ce collectif concentrera ses actions sur cet aspect de la lutte. De son côté, le Regroupement hydrocarbures Québec, qui prendra bientôt un nouveau nom, a adopté une déclaration de politique afin de mieux cerner ses champs d’activité, et modifié ses statuts et règlements afin de restructurer son organisation et de mieux faire face à ce nouveau défi.

Le RVHQ compte maintenant dans ses rangs des comités provenant d’une dizaine de régions administratives du Québec. Des comités de citoyens opposés à la construction du pipeline TransCanada se rallient également au regroupement. Ainsi, toutes les filières de cette industrie feront face à une opposition bien structurée et organisée.

Notre objectif final est d’informer et de sensibiliser la population face au défi le plus grand auquel l’humanité ait jamais été confrontée : les changements climatiques. Nos actions visent à faire prendre conscience à la population que tous ces projets pétroliers et gaziers ne font que retarder l’incontournable virage vers une économie verte, respectueuse de la capacité de notre planète, que nous devons impérativement amorcer.

SOURCE
Regroupement vigilance hydrocarbures Québec

CONTACTS
Jacques Tétreault, porte-parole, RVHQ
jacques.tetreault@rvhq.ca T 450-261-6151

Odette Lussier, resp. communications, RVHQ
communications@rvhq.ca

Le Regroupement vigilance hydrocarbures Québec compte plus de cent vingt comités locaux citoyens s’opposant à l’extraction du gaz et pétrole de schiste en territoire québécois. Depuis 2010, ces comités réclament un moratoire sur le gaz de schiste au Québec et s’opposent à la fracturation du sous-sol dans leurs communautés.