La lutte climatique; comme après Dunkerque!

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Les scientifiques réalisent que les changements climatiques arrivent bien plus rapidement que leurs prévisions les plus pessimistes, M Montpetit croit que nous sommes dans une situation aussi dramatique qu’après l’évacuation de Dunkerque en 1940.

La lutte climatique; comme après Dunkerque!

Les manchettes nous rabattent les oreilles avec toutes sortes de catastrophes liées à l’urgence climatique : des incendies monstrueux en Sibérie et en Amazonie, l’ouragan Dorian qui démolit tout sur son passage, des inondations en Outaouais, des sécheresses en Afrique, les glaciers du Groenland qui fondent à vitesse grand V et j’en passe. Ces mauvaises nouvelles déclenchent de l’écoanxiété chez certains citoyens, particulièrement la jeune génération.[1] Comme défenseurs de l’environnement, cela nous place devant un dilemme cornélien : doit-on dénoncer vertement les causes de ces changements climatiques quitte à décourager ceux qui souffrent d’anxiété paralysante, ou doit-on « mettre la pédale douce » et laisser le champ libre aux climatonégationnistes qui questionnent le consensus scientifique du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat)?[2]

Oui, les jeunes ont raison d’être anxieux face à l’avenir. Mais la peur et la stratégie de la tête dans le sable ne feront rien pour neutraliser la menace. Chaque génération a dû relever le défi de situations dramatiques. Durant la guerre froide, nous avons vécu l’équilibre de la terreur entre les États-Unis et l’Union soviétique. Lors de la crise cubaine en 1962, nous sommes passés à un cheveu d’un holocauste thermonucléaire. Et auparavant, au cours des deux grandes guerres mondiales, nos parents ont dû continuer à vivre et à se battre alors que des millions des leurs se faisaient tuer ou mutiler durant des combats atroces.

La situation climatique actuelle est aussi sombre que semblait le sort du monde à la suite à l’évacuation de Dunkerque en 1940. Le 4 juin, devant la Chambre des communes, Winston Churchill donne le ton : « …nous nous battrons sur les mers,….nous défendrons notre Île quel qu’en soit le coût,…nous ne nous rendrons jamais.»[3] Contrairement à la politique normale qui est l’art du compromis, cet homme d’état a fait preuve de résilience pour atteindre un idéal supérieur sans jamais compromettre l’essentiel.

À ce moment-là, les nazis se préparaient à détruire les valeurs humanitaires, assises de la civilisation, par des crimes innommables, et à imposer leur doctrine tordue au reste du monde. Aujourd’hui, « l’Axe » des climatonégationnistes et l’industrie des énergies fossiles nient la réalité climatique sur tous les toits pour s’en mettre plein les poches et biaiser la démocratie avec des dizaines de « think tanks » comme le Hearthland Institute.[4] En matière de propagande, ceux-ci peuvent faire la leçon au ministre nazi de la manipulation des masses, Joseph Goebbels!!![5]

Pire qu’aux heures sombres qui ont suivi la chute de Dunkerque, nous faisons face à la menace d’une 6e grande extinction des espèces, c’est-à-dire à la fin de l’espoir que nos enfants puissent vivre!!! Pourrait-on interpréter la construction d’infrastructures pétrolières comme étant une politique de haine envers les enfants?[6]

C’est toujours dans les heures les plus sombres que des individus s’élèvent au-dessus de la mêlée pour devenir un symbole, une inspiration qui permet au peuple de continuer la lutte envers et contre tous. Durant la Guerre de Cent Ans, Jeanne d’Arc a inspiré les Français pour qu’ils se relèvent. Durant la 2e guerre mondiale, c’est Winston Churchill qui a incarné l’esprit de combat. Et aujourd’hui, c’est une jeune étudiante suédoise, Greta Thunberg, qui incarne la lutte aux changements climatiques. C’est pourquoi, le 27 septembre prochain, en pleine campagne électorale, il faut marcher avec elle. Il faut que les politiciens de toute allégeance prennent conscience que ce combat est le seul qui puisse assurer un avenir aux enfants nés en ce début du 21e siècle.[7]

Gérard Montpetit

membre du comité des citoyens et citoyennes pour la protection de l’environnement maskoutain

le 18 septembre 2019

1] http://plus.lapresse.ca/screens/6a32d2ac-9159-404f-ac95-00575236dc3b__7C___0.html

2] https://www.ledevoir.com/societe/environnement/560358/agriculture-l-embarras-de-l-espace

3] https://winstonchurchill.org/resources/speeches/1940-the-finest-hour/we-shall-fight-on-the-beaches/

Discours à la chambre des communes, 4 juin 1940

« …we shall fight on the seas and oceans, we shall fight with growing confidence and growing strength in the air, we shall defend our Island, whatever the cost may be, we shall fight on the beaches, we shall fight on the landing grounds, we shall fight in the fields and in the streets, we shall fight in the hills; we shall never surrender, »

4] https://www.desmogblog.com/2019/09/15/attacks-greta-thunberg-right-wing-free-market-network

5] https://en.wikipedia.org/wiki/Joseph_Goebbels

6] http://plus.lapresse.ca/screens/de573db4-58b1-4bce-940c-6877a4e657d7__7C___0.html

7] https://quebec.huffingtonpost.ca/entry/greve-sociale-desobeissance-civile-menu-27-septembre_qc_5d780c95e4b09342507ae449?utm_hp_ref=qc-homepage&ncid=newsletter-Canada%20Qubec%2011092019&utm_campaign=canada_newsletter_Canada%20Qubec%2011092019