Projet de loi sur les hydrocarbure inclus dans le Projet de loi 106 : le Québec, « bar ouvert » pour les pétrolières et les gazières

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Par Carole Dupuis

C’est avec la plus vive déception et une grande inquiétude que le Regroupement vigilance hydrocarbures Québec accueille le Projet de loi sur les hydrocarbures déposé hier à Québec, confirmant l’intention du gouvernement Couillard de faire du Québec un bar ouvert aux pétrolières et gazières désireuses d’exploiter notre sous-sol.

Le Québec est-il déterminé à maintenir ses 40 années de retard sur la Norvège? Riche des revenus engrangés au fil des belles années du pétrole, ce pays nordique envisage maintenant d’interdire la vente de voitures utilisant des carburants fossiles d’ici 2025,

Le Québec, lui, vise pour cette même année 2025 une cible de 15,5 % de voitures zéro émissionsmais présente un projet de loi qui scellerait la vocation pétrolière et gazière du Québec, autoriserait la fracturation hydraulique et maintiendrait le droit d’expropriation des entreprises sur les terrains qu’elles convoitent.

Noyé dans un texte mammouth intitulé projet de loi no 106, Loi concernant la mise en œuvre de la Politique énergétique 2030 et modifiant diverses dispositions législatives, le projet de loi sur les hydrocarbures présenté par le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles Pierre Arcand nous ramène plusieurs décennies en arrière.

Sa présentation, après l’Accord de Paris, est un affront au bon sens : tel que confirmé par le Rapport de l’évaluation environnementale stratégique sur l’ensemble de la filière des hydrocarbures du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles dévoilé le 30 mai dernier, le développement de cette filière est incompatible avec les cibles de réduction des émissions de GES du Québec.

Ses dispositions sont un affront aux Québécois qui opposent un NON clair et net à la fracturation hydraulique depuis les toutes premières tentatives d’utilisation de cette technique hautement contestée. Et qui ont rejeté en bloc le Plan d’action gouvernemental sur les hydrocarbures lors des « consultations » (sic) de l’automne dernier. (Voir les mémoires des citoyens à ce sujet, ils ne laissent planer aucune ambiguïté.)

Le mépris n’aura qu’un temps, disions-nous.  Ce temps n’est pas terminé.  Mobilisons-nous.

Carole Dupuis, coordonnatrice générale et porte-parole